De nos jours quand on pense à JRPG, on pense tout de suite à Dragon Quest, Final Fantasy ou Persona. Et pourtant le jeu dont nous allons parler aujourd'hui est le dernier épisode d'une série ayant commencé en 1987 et ayant eu un nombre assez conséquent d'épisodes et de remakes. Ys X : Proud Nordics est ainsi l'édition ultime du dixième épisode de la franchise que j'ai pour ma part découvert sur Master System. Alors certes, plusieurs épisodes sont restés exclusifs au Japon, mais bon c'est tout de même une série qui mériterait un peu plus de reconnaissance (si vous n'avez jamais joué à Ys 8 : Lacrimosa Of Dana foncez c'est une pépite). Bref on ne va pas raconter tout l'historique de la franchise (Wikipédia le fera mieux que nous), mais vous parler du dernier épisode en date de la série de Falcom.

Disponibilités et conditions de test
Ys X : Proud Nordics est une version améliorée du jeu Ys X : Nordics sorti le 25 octobre 2024 sur Nintendo Switch, Playstation 4 et 5 ainsi que PC. Ys X : Proud Nordics est pour sa part disponible sur Nintendo Switch 2, Playstation 5 et PC depuis le 20 Février 2026. Il est disponible en dématérialisé pour la somme de 69.99€ en version de base, ou un peu plus en versions Deluxe Edition et Ultimate Edition avec leur lot de DLC inclus. Une édition physique du jeu édité par Nis America et distribuée par Microids est disponible au même prix dans une boite contenant un poster et un petit artbook. A noter que la version Switch 2 est sur une carte clef de jeu. Le test a été réalisé à partir d'une version Playstation 5 digitale fournie par le distributeur (Microids)
Ys et Ho
Ys X : Proud Nordics est le dixième épisode de la saga mettant en scène l'aventurier/explorateur Adol Christin. Mais scénaristiquement, il se place assez tôt dans la chronologie, juste après Ys et Ys 2. On y incarne donc un Adol encore très jeune et devant faire ses preuves. Le jeu commence sur un bateau qui va se faire accoster par une bande de pirates Normans. Leur capitaine n'ayant pas voulu payer la taxe, les corsaires sont donc venus chercher une explication musclée. Rapidement, Adol et ses compagnons Dogi et le Docteur Flair sont débarqués sur l'île de Carnac. Quitte à devoir patienter ici, Adol se lance en quête d'aventure, mais comme très souvent c'est l'aventure qui va arriver à lui. Des monstres immortels commencent à envahir l'île et Adol va trouver un étrange coquillage qui va l'appeler à l'aide tout en lui fournissant un étrange pouvoir : le Mana. Voilà qui tombe bien car seuls les manieurs de mana ont le pouvoir de tuer ces monstres appelés Griegers. Puis un autre évènement va le forcer à coopérer avec la princesse des pirates : Karja, un étrange lien de mana les liant inévitablement l'un à l'autre. C'est parti pour une épopée rocambolesque avec une bonne dose d'exploration et de combats ainsi qu'une pincée de réflexion. Si le jeu est moins long qu'un Ys 8 (comptez une 50aine d'heure pour le terminer), il n'en reste pas moins agréable à parcourir avec sa dose de twists narratifs. Certes, l'histoire est plus convenue, mais Ys X fait le job. Comme souvent dans les jeux Falcom modernes, le jeu est entièrement sous-titré en français pour bien profiter des très nombreux dialogues.

Yssez le pavillon noir
Ys X : Proud Nordics oriente donc son univers sur la piraterie avec un level design constitué de multiples îles. Forcément, passer de l'une à l'autre nécessite un moyen de locomotion : un bateau. Appelé le Sandras, celui-ci permet ainsi de naviguer sur les mers pour explorer et trouver de nouveaux évènements. On regrettera que cette partie du jeu soit un peu sous-exploitée (on finira rapidement par user au maximum des voyages rapides). Si en effet on découvre des îles un peu cachées et quelques points d'intérêts, ces mers servent avant tout de hub avec peu d'animation. Alors oui, on peut parfois pêcher ou combattre des flottes ennemies, mais une fois une zone découverte il y a peu d'intérêt à y revenir si ce n'est compléter une quête annexe. Peut-être que quelques évènements aléatoires et plus de rencontres auraient pu dynamiser un peu tout ça. Les combats navals sont plus intéressants, même si à un certain stade ils deviennent une simple formalité une fois que le Sandras est suffisamment amélioré. Le bateau peut tirer classiquement sur un ennemi visé avec un rythme imposé par des cooldown. Ce tir peu puissant sert avant tout à ralentir l'opposant. Pour bien lui faire mal on utilise des tirs "Ex" dévastateurs mais plus longs à recharger. Celui de base (on en débloque d'autres même si le premier se suffit à lui-même) permet de tirer une rafale de boulets à proche distance mais uniquement sur le flanc. D'autres boulets spéciaux sont à acquérir, en nombre limités (rechargés au port) mais avec des pouvoirs spéciaux. Enfin, il est possible d'effectuer des boosts de vitesse permettant d'endommager les navires sur votre chemin, ou de vous protéger avec un bouclier de mana. Le jeu propose un certain nombre de type de duels navals dont certains imposent d'effectuer un abordage pour affronter les troupes et leur chef sur le pont. La partie maritime du jeu aurait peut-être pu être plus complexe, mais elle reste plaisante permet de casser la monotonie.
Un super duo
Au sol, Ys X Proud Nordics est bien plus classique pour la série. On retrouve rapidement nos marques, même si un détail surprend : on n'incarne plus que deux personnages : Adol et Karja. Les autres interviennent dans l'histoire et viennent grossir l'équipage (il est d'ailleurs possible de se balader dans le bateau qui sert de base mobile avec son lot de boutiques et autres possibilités). Mais pour le combat c'est ce duo qui prend toute la place. Il faut dire qu'ils sont magiquement liés et ne peuvent pas se séparer. Le gameplay prend ça en compte en proposant de switcher instantanément de l'un à l'autre, le personnage en réserve rechargeant ses points de vies et de compétence petit à petit. Tout le jeu est alors rythmé par cette alternance, d'autant que chacun aura ses propres compétences (Adol est axé sur le feu et Karja sur la glace). Mais quand l'adversité devient un peu trop forte, rien de mieux que de passer en mode union. Dans ce cas il n'y a plus de personnage en réserve qui se recharge, mais il est possible de se protéger plus efficacement des attaques et même d'en contrer des puissantes avec un bon timing d'exécution. Et puis s'unir ainsi permet aussi de balancer de très puissantes attaques. Si au début la maniabilité surprend, avec des possibilités assez nombreuses et pas toujours très intuitives, on finit par s'y faire et à prendre un plaisir fou. On explore les lieux à une vitesse folle, si possible en usant de capacités de mana pour y parvenir comme un hoverboard très pratique ou un grapin de mana. En difficulté normale, le jeu n'est pas très difficile malgré quelques pics de difficulté (mais rien de scandaleux), et les combats restent toujours plaisants.

Quoi de neuf
Pour ceux qui ont déjà joué à Ys X, la version Ys X Proud Nordics apporte pas mal de contenu en plus. On parle bien évidemment d'optimisations graphiques, de temps de chargements plus courts, d'un nouveau set de trophées pour les amateurs, mais aussi et surtout d'une très grande nouvelle île avec son lot de contenu additionnel qui aurait facilement pu être vendue en tant que gros DLC. On parle tout de même d'une bonne dizaine d'heures de jeux en plus. L'île d'Olande propose ainsi une grande quête supplémentaire découpée en plusieurs morceaux. L'idée est de l'explorer pour en savoir plus sur la civilisation des Normans et de se confronter aux nouveaux personnages Knut et Astrid. L'île est composée de plusieurs zones assez grandes, emplies d'ennemis, avec une part belle à l'exploration et surtout l'ajout de nouveaux pouvoirs. Vous pourrez en effet acquérir un pouvoir permettant d'attraper des objets pour les balancer dans la direction voulue. Cette mécanique est en plus utilisée pour quelques énigmes pas bien méchantes. Cette île est également l'occasion d'ajouter un colisée avec son lot de combats corsés, un certain nombre d'épreuves de courses en Overboard, ainsi que deux nouvelles épreuves particulières de fin de jeu. L'une d'entre elle propose de combattre en mer un maximum d'ennemis en temps limité, chaque ennemi vaincu ajoutant du temps avant d'affronter un ultime boss. L'autre épreuve appelée Muspelheim est un donjon en temps limité (3 minutes au début) très très difficile qu'il faudra parcourir de nombreuses fois pour avancer et dénicher de nombreux coffres, tuer un maximum d'ennemis et récolter des morceaux d'une fresque. Chaque run dans le donjon permet d'obtenir des ressources à dépenser pour vous aider dans les prochains runs (plus de temps, plus de coffres, plus d'ennemis...). Ce mode est un bel ajout offrant un bon défi à ceux qui en veulent encore plus.

Mon avis à moi
Ys X : Proud Nordics n'est pas le meilleur épisode de la série. Mais soyons francs il était difficile d'égaler Ys 8. Il n'en reste pas moins un excellent jeu malgré un certain manque d'ambition. Il ajoute suffisament de contenu bonus pour justifier de ne pas être un simple portage de Ys X : Nordics. Si l'action-RPG c'est votre dada, n'hésitez pas trop, vous pourriez très bien devenir accro.

A qui s'adresse Ys X : Proud Nordics ?
- A ceux qui cherchent la meilleure version de Ys X : Nordics
- Aux amateurs d'action-RPG
- Aux fans de la série Ys
A qui ne s'adresse pas Ys X : Proud Nordics ?
- A ceux qui ont déjà retourné Ys X : Nordics dans tous les sens et auraient préféré un DLC ou un upgrade
- A ceux qui s'attendent à des combats maritimes aussi intense que ceux d'Assassin's Creed Black Flag
- A ceux qui aiment avoir le choix entre plein de personnages
Test réalisé par Kelanflyter

